Accueil Base documentaire Les traitements des allergies cutanées Dr Pascale Mathelier-Fusade

Les traitements des allergies cutanées Dr Pascale Mathelier-Fusade

par admin

Les allergies affectant la peau sont multiples et peuvent se présenter sous différents aspects et les subtances responsables le sont tout autant. De ce fait, les traitements médicamenteux sont différents. Mais dans tous les cas, le plus important est de faire l’éviction du coupable car c’est celle-ci qui aboutira spontanément à la guérison en quelques jours à quelques semaines.
• L’eczéma de contact est l’allergie cutanée la mieux connue. Elle se présente sous l’aspect de lésions rouges, finement squameuses et s’accompagnant toujours de démangeaisons. La particularité de l’eczéma de contact est de se localiser en regard du contact allergisant au niveau de la peau (poignet si allergie de contact au cuir du bracelet de montre, lobes d’oreille si allergie de contact à des boucles d’oreilles en nickel…). Son traitement repose donc sur l’éviction du coupable après une enquête allergologique et la pratique de tests cutanés (patch-tests avec différentes substances allergisantes et collés dans le dos pendant
48 heures et lecture des tests 24 heures après leur dépose). Si le contact allergisant est
identifié (ce qui n’est pas toujours simple !), son éviction permet la guérison spontanée en
environ une semaine. Mais afin d’accélérer la guérison ou si le responsable n’est pas encore identifié, on peut utiliser localement des dermocorticoïdes à raison d’une application par jour jusqu’à disparition des symptômes (une semaine environ).
• L’allergie médicamenteuse se manifeste très souvent par des éruptions cutanées. On distingue différentes éruptions. Parmi les plus fréquentes, l’urticaire médicamenteuse (ressemblant à des piqûres d’orties) qui forme des plaques fugaces évoluant sur quelques
heures et les rashs maculopapuleux qui sont des éruptions formant des lésions de couleur rouge ou rosée, fixes et affectant la grande majorité du corps en quelques heures
pour disparaître en plusieurs jours (10-15 jours). L’urticaire médicamenteuse peut être grave car elle présente le risque, en cas de réexposition accidentelle au même médicament, d’une réaction plus sérieuse pouvant aboutir à un oedème de la gorge ou à un choc anaphylactique. Dans tous les cas, l’arrêt du médicament en cours est bien entendu indispensable pour établir une guérison. Du point de vue symptomatique on pourra
bien entendu, en cas d’urticaire, proposer un traitement par antihistaminiques pendant
quelques jours et en cas de rash maculo-papuleux un traitement local par dermocorticoïdes
et crème hydratante sur plusieurs jours. Il existe également des allergies médicamenteuses
plus rares, certes, mais graves (syndrome de Lyell, pustulose exanthématique
aiguë généralisée, DRESS) nécessitant une hospitalisation sur plusieurs jours à semaines.
C’est la rapidité d’installation de l’éruption qui très rapidement devient généralisée et surtout l’association à une altération de l’état général avec décollement
de la peau, fièvre, ganglions… qui fait porter le diagnostic et impose une prise en charge rapide avec soins cutanés spécifiques très souvent en milieu médicalisé. Dans tous les cas, une éruption cutanée survenant dans un contexte de prise médicamenteuse doit faire consulter car seul un avis spécialisé permettra de rassurer ou de confirmer une possible allergie médicamenteuse qui conduira à l’arrêt du suspect.

  • Ce contenu a t-il été utile ?
  • OuiNon