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Asthme et sport ?

par admin

Sport et asthme

« Il peut courir sans problème pendant 3 à 5 minutes, puis il s’arrête d’un seul coup, se met à tousser et se sent oppressé, avec l’impression de ne plus pouvoir respirer et les poumons qui sifflent. »

Cette mère nous décrit là, l’asthme de son enfant déclenché par un exercice physique.

Cet asthme, survenant après un effort physique, est très fréquent chez l’asthmatique et surtout chez l’enfant. Mais il peut également être le premier signe d’asthme pour quelqu’un qui n’a jamais eu de véritables crises.

« Mon enfant asthmatique peut-il faire du sport ? » Cette question est posée par tous les parents d’enfants asthmatiques.

Grâce à des règles simples et quelquefois sous réserve de la prise préventive de certains médicaments, l’asthmatique peut pratiquer le sport qu’il aime.  Beaucoup d’enfants ne participent que peu aux activités physiques à l’école parce qu’ils sont asthmatiques et croient que le sport leur est déconseillé. Ceci n’est pas vrai car l’asthme induit par l’exercice peut être prévenu et traité.

Certains sportifs asthmatiques ont pu grâce aux traitements et à un entraînement spécifique continuer leur carrière sportive et même gagner de nombreuses médailles dans des compétitions aussi prestigieuses que les Jeux Olympiques. Rappelez-vous Mark Spitz et ses 7 médailles d’or ! Et pourtant, il était asthmatique !

Pour plus d’information, vous pouvez contacter la Fédération Française d’Athlétisme. Un réseau de coach athlé santé peut vous aider à reprendre une activité physique. http://www.athle.com

Comment devenir un asthmatique sportif ?

  • Choisir un sport que l’on aime.
  • S’échauffer avant l’exercice.
  • Tenir compte des conditions climatiques.
  • Mesurer son souffle avant et après l’effort (débit-mètre de pointe)
  • Inhaler un médicament protecteur 10 à 15 minutes avant l’effort
  • Avoir toujours dans sa poche un bronchodilatateur à inhaler en cas de gêne respiratoire et ne pas attendre pour l’utiliser si nécessaire.
  • Savoir adapter ses performances en fonction de son état respiratoire.

Comment diagnostiquer l’asthme post-exercice ?

En temps normal, l’essoufflement dû à l’effort diminue rapidement dès l’arrêt de l’exercice physique. Chez un asthmatique souffrant  » d’asthme d’effort « , la respiration sifflante, caractéristique de l’asthme, survient environ 1 minute après l’arrêt de l’exercice physique, et peut s’amplifier rapidement pour aboutir à une véritable crise d’asthme.

Le diagnostic peut être confirmé par les tests respiratoires. Ils consistent à mesurer le souffle avant, puis après un effort : soit lors d’une course libre à l’extérieur, soit lors d’une épreuve sur une bicyclette ergométrique. Ces mesures peuvent permettre aussi d’évaluer les effets d’un traitement.

Parfois, après un premier effort modéré, il vous sera possible de faire un exercice plus important.

On sait cependant que plusieurs facteurs interviennent dans le déclenchement de la crise.

Les causes de l’asthme induit par l’exercice :

Les mécanismes en cause dans le déclenchement de l’asthme induit par l’exercice sont connus et complexes. De nombreux facteurs interviennent tels que la température de l’air ambiant et le degré d’humidité. En effet, plus l’air est froid et sec, plus les crises surviennent facilement. D’autres facteurs interviennent et peuvent faciliter l’apparition des crises : la pollution atmosphérique, les infections virales, la concentration des substances allergisantes dans l’air. Chez la moitié des patients, l’asthme induit par l’exercice est suivi d’une période dite « réfractaire » pendant laquelle un exercice physique équivalent va être mieux toléré. Elle dure de 2 à 4 heures. La période d’échauffement conseillée avant tout sport peut provoquer cette période réfractaire.

 

Comment choisir le bon sport ?

Le choix de la pratique d’un sport chez un asthmatique doit se faire en fonction de ses goûts. Seule la fédération française de plongée sous-marine interdit de façon absolue et définitive la pratique de la plongée avec bouteilles pour l’asthmatique. En effet, il est impossible techniquement d’inhaler un médicament au fond de l’eau, et de plus, l’air comprimé dans la bouteille contient une forte concentration de substances allergisantes ou non qui peuvent déclencher la crise. Tous les autres sports peuvent être pratiqués comme en témoignent les nombreux champions olympiques et athlètes nationaux et internationaux qui ont de l’asthme.

La préparation à l’exercice physique doit être d’autant plus progressive que le sport choisi est « asthmogène ». Ceci est le cas pour les skieurs de fond par exemple, ou la course à pied.

La pratique de l’équitation, en particulier chez l’enfant doit être déconseillée car il existe un risque important de sensibilisation au cheval ou à d’autres allergènes contenus dans la paille. Il est préférable d’orienter l’enfant vers un autre sport.

Le type d’exercice physique peut favoriser l’apparition précoce d’une crise : la course à pied provoque plus de crises que le vélo. La natation, qui se pratique dans une atmosphère chaude et humide, donne moins de réactions des bronches sauf si celles-ci sont sensibles aux émanations de chlore.

 

Prévenir et traiter l’asthme post-exercice

Il y a 30 ans, les asthmatiques croyaient que le sport leur était formellement interdit.

Aujourd’hui, grâce aux traitements, ils peuvent pratiquer presque tous les sports, parfois même en compétition. Mais il faut savoir gérer son effort pour éviter une crise, ou pratiquer un sport moins « asthmogène » , si cela s’avère nécessaire. Il est recommandé de réaliser un bon échauffement musculaire avant le début de l’exercice : ne jamais démarrer à froid et violemment ! Un entraînement progressif est toujours nécessaire.

 

Les traitements de l’asthme post-exercice :

Les bronchodilatateurs : il est préférable d’utiliser des bêta-mimétiques inhalés de courte durée d’action qui préviennent la survenue de l’asthme post-exercice, s’ils sont pris 10 à 15 minutes avant l’effort. De plus, en cas de gêne, une ou deux bouffées soulagent immédiatement.

Les cromones : Ces médicaments sont actifs pour prévenir l’asthme post-exercice. Il faut les inhaler 10 à 15 minutes avant l’effort. En revanche, ils ne vous calment pas si vous êtes déjà gêné.

Les autres médicaments de l’asthme : Les bêta-mimétiques inhalés de longue durée d’action, les corticoïdes inhalés et les théophyllines, pris régulièrement en traitement de fond, peuvent atténuer l’asthme post-exercice. Par contre, ils n’ont pas de rôle préventif immédiat.

Il est parfois possible d’associer plusieurs médicaments de classes différentes, mais l’avis de votre médecin est indispensable.

Vous ne pourrez pratiquer convenablement votre sport favori que si votre asthme est équilibré ! Une mesure complète de votre respiration chez un spécialiste des poumons, est nécessaire en cas de gêne respiratoire induite par l’exercice physique.

Certains médicaments sont contre-indiqués en compétition pour des raisons de dopage. Votre médecin peut vous conseiller.

 

Conclusion

L’asthme induit par l’effort physique est très fréquent surtout chez l’enfant et amène, souvent à tort, les asthmatiques à abandonner le sport.

Lorsqu’il est connu, ce type d’asthme peut être prévenu par un échauffement et des traitements appropriés qui seront prescrits par votre Médecin. Si vous ressentez une gêne lors de la pratique d’un sport, il faut en parler à votre Médecin qui vous conseillera sur le choix des exercices et sur les traitements préventifs. Ainsi l’asthme n’est que très rarement un obstacle à la pratique du sport.

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