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Pourquoi l’urticaire chronique?

L’urticaire est une affection de la peau assez répandue. Une personne sur cinq aura une crise d’urticaire au cours de sa vie. Ses manifestations sont très invalidantes. Elles font très souvent penser à l’allergie.

Parfois, il s’agit d`une réaction allergique véritable, et c’est le cas dans l’urticaire aigue. Mais l’urticaire chronique n’est pas de nature allergique. Lorsque les symptômes durent au-delà de six semaines, sans facteur déclenchant connu, on parle alors d’urticaire chronique spontanée (UCS), caractérisée par la survenue de crises dont l’apparition et la durée sont imprévisibles.

Les personnes atteintes, sont parfois mal informées ou désorientées. Le parcours de ces personnes  peut être chaotique avec un diagnostic posé tard. Il arrive que les malades passent de médecins en médecins avant d’être correctement pris en charge

Par ailleurs, les médecins travaillent sur cette maladie. La récente parution des recommandations professionnelles européennes éclaircit et structure la prise en charge du patient atteint d’urticaire chronique.

On estime qu’entre 150,000 et 180,000 personnes sont atteintes d’urticaire chronique spontanée en France. Pour qu’elles trouvent plus facilement des informations les concernant, qu’elles évitent une errance médicale souvent couteuse, du fait d’examens ou de consultations inutiles, et un préjudice physique et psychologique, l’association Asthme & Allergies, avec le soutien institutionnel de Novartis, a décidé d’informer sur cette maladie.

Quiz: Et si ce n’était pas une allergie?

Lorsqu’un médecin voit des éruptions apparaissant de façon imprévisible et spontanée sur la peau, il peut penser à une réaction allergique. Dans quelques cas qui restent rares, l’urticaire est allergique, mais le plus souvent, l’urticaire n’est pas une allergie comme c’est le cas dans l’urticaire chronique. Quand les symptômes persistent plus de 6 semaines et se reproduisent sans facteur déclenchant, il s’agit d’urticaire chronique spontanée.

Quatre questions pour reconnaitre que votre urticaire est une urticaire chronique spontanée :

    1. Observez-vous des plaques rouges et enflées (papules) sur le corps qui ne durent pas plus de 24h et se déplaçant et ressemblant à des piqures d’orties, associées à des démangeaisons intenses (prurit) en particulier la nuit ?
    2. Observez-vous un gonflement ferme, pâle et douloureux (angio-oedème) sur le visage et les extrémités ?
    3. Vos crises sont-elles survenues de façon spontanée et imprévisible ?
    4. Les signes durent-ils depuis plus de 6 semaines ?

Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, lisez la section ci-dessous consacrée à l’urticaire chronique spontanée et parlez-en a votre médecin

Vous pouvez aussi faire cet autotest pour savoir de quelle forme d’urticaire vous souffrez : Autotest Urticaire

L’urticaire

Cette maladie est assez fréquente. Une personne sur cinq aura une crise d’urticaire au cours de sa vie. La connaissance de l’urticaire et sa prise en charge, notamment de l’urticaire chronique ont beaucoup évolué ces derniers temps.

La gravité de l’urticaire tient essentiellement au retentissement sur la qualité de vie des personnes atteintes, au caractère imprévisible des crises, à l’angoisse de réactions sévères et aux répercussions importantes sur les activités quotidiennes (travail, vie personnelle).

L’urticaire est une éruption cutanée qui touche principalement les bras et les jambes mais qui peuvent toucher tout le corps. Elle se manifeste par des papules, multiples plaques rouges ou rosées, en relief, à contours parfaitement bien délimités, lisses en surface et qui ressemblent à des piqûres d’orties. Elles apparaissent et disparaissent en quelques heures et se déplacent sur toute la surface du corps. L’éruption entraîne des démangeaisons souvent intenses pouvant perturber le sommeil et sont fluctuantes au fil du temps. Lorsque l’urticaire affecte les extrémités (visage, mains, pieds) l’aspect est différent car il s’agit davantage d’un œdème (gonflement), souvent invalidant. On parle alors d’angio-œdèmes. Dans le cadre de l’urticaire chronique, il n’y a jamais de risque vital.

  • L’urticaire aiguë est une urticaire évoluant pendant quelques heures à quelques jours. C’est le cas le plus fréquent.
  • L’urticaire chronique est, à l’inverse, une urticaire évoluant sur plus de six semaines. Cette distinction entre urticaire aiguë et chronique fait rechercher des causes différentes. Voir « urticaire spontanée chronique »
  • L’urticaire est dite « physique » lorsqu’elle est déclenchée par une stimulation extérieure qui peut être le frottement (dermographisme), la pression (urticaire retardée à la pression),  le chaud (urticaire au chaud), le froid, la vibration (angio-œdèmes vibratoire) ou encore le soleil (urticaire solaire) ), l’effort ou l’augmentation de la température corporelle (urticaire cholinergique).
  • Enfin, l’urticaire de contact est une urticaire créée par le contact direct sur la peau d’une substance. Dans la majorité des cas, il n’y a pas de cause allergique et le mécanisme est méconnu.

On sait désormais qu’à l’origine de l’urticaire se trouve une cellule, le mastocyte, qui est fragile chez les personnes souffrant d’urticaire et libère des substances qui entrainent papules et/ou angio-œdèmes. Dans tous les cas, c’est surtout l’interrogatoire qui permet d’orienter le médecin vers l’origine exacte de l’urticaire.Référencehttp://dermato-info.fr/article/L_urticaire-accès juillet 2014

La prise en charge de l’urticaire

Le traitement de l’urticaire commence par un interrogatoire du patient qui permet de poser le diagnostic. La recherche de la cause de l’urticaire et de facteur déclenchant (par exemple physique : pression, chaleur, soleil, froid, vibration) est au centre des préoccupations.  Mais dans la très grande majorité des cas, il n’y a pas de cause retrouvée à l’urticaire et l’urticaire chronique spontanée est la plus fréquente des urticaires chroniques.

On peut cependant identifier des facteurs susceptibles d’aggraver une urticaire qu’il convient de limiter:

  • Médicamenteux, principalement les traitements anti-inflammatoires non stéroïdiens dérivés de l’aspirine, les antibiotiques, les produits de contrastes iodés
  • Infectieux. Les infections surtout virales et notamment chez l’enfant
  • Psychiques : Le stress dont l’importance est souvent négligée

En 2003, des experts français sont convenus d’une approche commune et ont recommandés d’alléger les examens, souvent très lourds et décevants. Des examens approfondis sont initiés seulement en cas d’amélioration insuffisante par un traitement par des antihistaminiques et si le médecins les jugent nécessaires après l‘interrogatoire et l’examen. La majorité des urticaires sont améliorées par le traitement par les antihistaminiques. À noter, le recours à la cortisone est déconseillé car il y a un risque de rebond en cas d’arrêt brutal et une véritable cortico-dépendance.

1/3 à 1/4 des personnes atteintes ont une persistance des symptômes malgré une optimisation des doses d’anti-histaminiques RéférenceMaurer M et al. Unmet clinical needs in chronic spontaneous urticaria. A GA2LEN task force report. Allergy 2011;66:317–3. . En cas de non amélioration malgré les traitements par des antihistaminiques, les experts européens se sont réunis en novembre 2012, et ont réalisé un point scientifique sur la prise en charge de l’urticaire. Ils recommandent, en cas d’échec des antihistaminiques, un traitement par anti-IgE, ou par la ciclosporine ou par un antileucotriène. RéférenceThe EAACI/GA2LEN/EDF/WAO Guideline for the definition, classification, diagnosis, and management of urticaria: the 2013 revision and update, T. Zuberbier, Allergy

L’urticaire chronique

L’urticaire chronique concerne entre 0,6 et 1% de la population générale c’est-à-dire entre 307 000
et 512 000  personnes de plus de 18 ans en France RéférenceAgence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé, Société française de dermatologie. Prise en charge de l’urticaire chronique. Conférence de Consensus (texte long). Ann Dermatol Venereol 2003;130(Spec No 1):182-92.. On parle d’urticaire chronique lorsque les lésions cutanées : papules/plaques et/ou un angio-œdème, évoluent depuis plus de 6 semaines.

Il existe deux formes d’urticaire chronique :

  1. L’urticaire chronique spontanée (UCS) en l’absence de facteur déclenchant
  2. L’urticaire chronique Inductible pour laquelle un facteur déclenchant des crises a été identifié (contact avec le froid, le chaud, les frottements par exemple)

L’urticaire chronique spontanée concerne 66 à 93% des cas d’urticaire chronique. 40-50% des personnes atteintes d’urticaire Chronique Spontanée présentent à la fois des papules/plaques et des angio-œdèmes

L’urticaire chronique spontanée touche 2 fois plus de femmes que d’hommes avec un pic de fréquence de la maladie entre 20 et 40 ans. La maladie peut durer pendant des années  avec une moyenne de 3 à 5 ans. Parmi les urticaires persistant plus de 6 mois, 40% des urticaires persistant plus de 6 mois sont toujours présentes 10 ans plus tard et 20% le sont toujours après 20 ans d’évolution. RéférenceMaurer M et al. Unmet clinical needs in chronic spontaneous urticaria. A GA2LEN task force report. Allergy 2011;66:317–3.

Le retentissement sur la Qualité de Vie

L’urticaire chronique spontanée est une maladie méconnue, imprévisible et parfois difficile à vivre. Une étude réalisée en Angleterre RéférenceO’donnell B.F. et al., The impact of chronic urticaria on the quality of life. British Journal of Dermatology 1997;136:197-201. a évalué l’impact de l’urticaire chronique sur la qualité de vie. La maladie touche :

  • La vie sociale : 73% des patients disent éviter les sorties ou évènement sociaux
  • La vie quotidienne :  Près de la moitié des patients rapportent des difficultés dans leur vie quotidienne : choix des vêtements, activités de loisirs, tâches quotidiennes
  • La vie professionnelle :  Plus de 50% de patients étaient absents au moins un jour sur une période de 4 semaines. Plus de 7 patients sur 10 rapportent une diminution de leurs performances au travail
  • Le bien-être psychologique : L’urticaire a un retentissement significatif sur l’image de soi et l’attitude envers les autres. 63% des patients se plaignent d’anxiété
  • Le sommeil : 38% des personnes atteintes d’urticaire rapportent une perturbation importante de leur sommeil

Vous souffrez d’urticaire ? Que faire ?

Consultez votre médecin traitant qui vous orientera vers un dermatologue (ou vers un allergologue s’il soupçonne que vos symptômes sont d’origine allergique).

Quelques conseils d’ordre général  pour le quotidien :

La chaleur et la transpiration entrainent une aggravation des démangeaisons :

  • Limitez la température de la douche ou du bain (34°), ne vous couvrez pas trop et évitez de trop chauffer votre logement (en particulier la chambre) pour limiter la transpiration.
  • Evitez de porter de la laine directement sur la peau (cela aggrave les démangeaisons)

Apprenez à gérer le stress lié à cette maladie (en pratiquant par exemple sophrologie, méditation, yoga…) et n’hésitez pas à consulter un psychologue qui pourra vous aider.

Ne restez pas seul face à cette maladie ! Rejoignez la page Facebook de l’association pour échanger avec d’autres personnes qui vivent la même chose que vous. www.facebook.com/associationasthmeetallergies

Saviez-vous que ?

  • L’urticaire est un mot d’origine latine « urticaria » qui signifie ortie, en effet les signes de l’urticaire ressemblent à une piqure d’ortie.
  • L’urticaire est un nom féminin on dit une urticaire.
  • L’urticaire chronique n’est pas une maladie allergique mais une maladie inflammatoire chronique de la peau.

À ne pas confondre

  • Avec l’eczéma qui se caractérise par des vésicules dont l’ouverture va provoquer un suintement suivi de croûtes. Référencehttp://www.eczemahelp.ca/fr/abouteczema.html 
  • Avec la varicelle dont les vésicules sont en forme de gouttes de rosée et qui, dans les trois jours, vont se dessécher et former une croûte. Référencehttp://www.sante.gouv.fr/varicelle.html
  • Avec la rougeole, qui touche principalement les enfants et peut s’accompagner d’une fièvre élevée, de conjonctivite, d’oedème des paupières, yeux bouffis, d’écoulement nasal, de toux, diarrhée, douleurs abdominales, anorexie, vomissements etc. Référencehttp://www.info-rougeole.fr/index.html